L’autisme serait-il le mirroir de notre société?

Dans mon précédent article visant à rendre une vision plus fidèle du syndrome d’Asperger, j’avait brisé plusieurs stéréotypes.

Ici nous allons approfondir le sujet au mieux et tenter de gommer un maximum de perceptions erronées sur l’autisme en général et en dégager des enseignements sur le fonctionnement de notre société.

Numéro 1 : les autistes n’ont pas d’empathie ou d’émotions

Cette affirmation absolue est à la source d’une immense souffrance pour les autistes que ce soit au niveau social ou personnel. Ils (ou elles) peuvent être perçus comme incompréhensifs, mais si les autistes le croient, cela peut briser leur amour propre en leur faisant douter de leur humanité.

Nous avions pointé l’alexithymie à l’origine de cela et il se trouve que d’autres groupes de personnes dites atypiques peuvent en souffrir. Pouvant être défini comme une impossibilité de nommer ses émotions, divers traumatismes, une certaine culture patriarcale et/ou dysfonctionnements neurologiques peuvent être mis en cause.

Regardez cette vidéo de Catherine, ma consoeur Belge pour des éléments de résolution :

Numéro 2 : les autistes sont idiots (ou géniaux depuis peu)

Vouloir coller une étiquette intellectuelle ou un certain Q.I. à l’ensemble des autistes reste toujours réducteur ou exagérateur. Si un retard à un moment de leur développement peut se déclarer, ils, elles peuvent devenir brillant(e)s à un autre.

Cela peut mener à des complexes ou un sentiment de devoir parvenir à un certain standard. Il serait plus judicieux comme pour tout le monde de leur accorder un respect inconditionnel.

Numéro 3 : les autistes préfèrent l’isolement et sont introvertis

Toujours un préjugé difficile à effacer, les autistes restent perçus comme « vivants dans leur bulle » voire « antisociaux ». Cela est du à leur « ultra-sensibilté », comme expliqué dans mon précédent article.

Si parfois il nous arrive de devoir dire que nous avons besoin de nous retrouver seul(e)s, pour les autistes, c’est décuplé vu la plus grande profondeur des ressentis, positifs comme négatifs, les traumatismes demandent plus de temps et de soins pour disparaître, les relations humaines sont plus énergivores et exigent plus de repos.

Respecter cet atypicité sera fortement bénéfique pour les autistes pour qu’ils ne s’en sentent plus coupables.

L’inverse de ce comportement est tout a fait possible, en ayant une forme physique et psychique optimale, les autistes peuvent être incroyablement sociables.

Numéro 4 : les autistes ne savent pas communiquer

Parfois renfermés dans un mutisme (silence prolongé), parfois s’exprimant avec un vocabulaire et une syntaxe atypique, elle peut effectivement être compliquée.

Mais ne serait-ce pas le moment de s’essayer à des nouveautés plus complexes? Les autistes sont experts en néologismes (invention de termes) et gymnastique de la syntaxe, d’où leur aisance à maîtriser plusieurs langues. Ils,elles peuvent révolutionner la communication mais le dialogue est l’unique clé à cela.

Numéro 5 : les autistes sont agressifs

Pourtant partagée avec les autres personnes dites atypiques, cette fulgurance des états colériques perçue comme de l’agressivité doit étre investiguée pour une meilleure compréhension mutuelle.

Dans 90% des cas, un trop plein et une révolte contre des abus en sont à la source. Néanmoins des troubles de la personnalités et du comportement peuvent également en être la cause dans de plus rares cas

Le respect inconditionnel et le dialogue seront également indispensables pour aider les personnes souffrant de cela car les personnes autistes sont les premières à en souffrir.

Numéro 6 : les autistes sont obsessifs

Du à leurs intérêt intenses envers leurs passions abusément qualifiées de restreintes, leur jusqu’au boutisme et leur perfectionnisme peut en dérouter plus d’un. Ils, elles peuvent également en découvrir de nouvelles et à nouveau démarrer une aventure sans fin.

Numéro 7 : les autistes sont malades mentalement

Au coeur des stéréotypes dégradant nous y retrouvons ceux sur leur santé dite mentale. Comme évoqué plus haut la très haute sensibilité les caractérisant rendent leur mal-être plus visible, tout simplement.

Ainsi un ou une autiste ayant vécu abandon ou abus peut développer un trouble borderline ou bipolaire. Du rejet peut provoquer une personnalité évitante, de l’humilation, du masochisme. La trahison peut provoquer une personnalité contrôlante et l’injustice peut rendre rigide.

Il n’est pas rare qu’ils, elles soient taxés de narcissiques,égocentriques et mégalomanes, le terme autisme dérivant lui-même d’autos en grec signifiant « soi-même », mais cela peut être les signes d’une quête d’amour propre qui peut déboucher sur quelque chose de sublime 😀.

Une fois en paix avec eux-même ou elles-même, l’altruisme et l’empathie peuvent se mettre en place et c’est ainsi que de nombreux autistes deviennent bénévoles, activistes et autres.

Conclusion

Assez aisément, nous pouvons comprendre qu’une certaine culture est à l’origine des stéréotypes associés aux autistes et que non seulement elle les perpétue mais les engendre.

En réalité, tout le monde dispose de certains traits autistiques, c’est juste qu’il leur est plus facile de les dissimuler.

Les autistes peuvent donc nous aider à mieux comprendre le fonctionnement de notre société et sa philosophie méritant que l’on lui insuffle plus d’amour, de respect, et de morale.

Özler ATALAY YÜKSELOĞLU

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